Fin de la 2G : recomposer le secours satellite et 4G/5G des sites isolés

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Le 24 septembre 2026, l’Arcep a publié la cinquième édition de son observatoire des cartes SIM « 2G » et « 3G/2G » : 1,7 million de terminaux 2G restaient actifs en France métropolitaine fin juin 2026, à trois mois de l’extinction annoncée des réseaux 2G dans l’Hexagone. Pour les sites dépourvus de fibre et mal couverts — chantiers, carrières, bases logistiques, ouvrages télésurveillés —, cette échéance retire de l’équation la technologie radio la plus sobre et la plus répandue du parc machine. La question n’est plus de savoir s’il faut migrer, mais quelle architecture reprend la charge : lien satellite en orbite basse, 4G/5G, ou les deux sous supervision.
Ce que mesure l’observatoire Arcep du 24 septembre 2026
Le document suit l’effet des actions de migration menées par Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR. Deux données intéressent directement un responsable d’exploitation. D’abord la dynamique : le parc « 2G » a reculé de 41,4 % en un an, de 2,9 à 1,7 million de cartes, mais le rythme trimestriel fléchit — 327 000 unités de moins au deuxième trimestre 2026, contre 413 000 au premier. Ensuite la composition du résidu : fin juin 2026, les terminaux « 2G » MtoM pesaient 2,4 % du parc MtoM total, et les terminaux « 3G/2G » MtoM 1,39 million d’unités, soit 5,3 % de ce même parc. Le parc cumulé « 2G » et « 3G/2G » est passé de 5,9 à 3,9 millions de cartes en un an.
Ce résidu n’est pas réparti au hasard. Ce qui demeure en 2G relève des usages installés une fois puis oubliés : télérelève de compteurs, télésurveillance d’ouvrages, remontées d’alarme de groupes froids ou de groupes électrogènes, automates de pompage, ascenseurs, bornes de contrôle d’accès sur sites non gardiennés. Précisément les équipements des emprises isolées, où la 2G avait été retenue pour sa portée en bande basse et sa sobriété, non pour son débit.
L’extinction procède par zones. L’Arcep rappelle qu’elle est déjà effective dans les agglomérations de Bayonne, Anglet et Biarritz depuis le 31 mars 2026, dans les départements 64 et 40 depuis le 12 mai 2026, puis dans les départements 47, 46, 32, 65, 31, 82 et 09 depuis le 9 juin 2026. Un exploitant multisite peut donc avoir déjà perdu des remontées dans le Sud-Ouest sans avoir identifié la cause, et supposer à tort que ses autres implantations tiendront. Le régulateur annonce par ailleurs les premières extinctions de réseaux 3G à l’horizon 2028 : le parc « 3G/2G », plus volumineux que le parc « 2G » pur, connaîtra la même séquence deux ans plus tard.
Pourquoi le satellite en orbite basse ne se substitue pas ligne pour ligne
La tentation consiste à ouvrir un catalogue satellite et à traiter le sujet comme un simple remplacement d’accès. Elle conduit à deux erreurs de dimensionnement.
Une erreur de granularité
Un lien en orbite basse est un accès Internet de site, pas un abonnement par capteur. Remplacer trois cents modules 2G par trois cents terminaux satellite n’a de sens ni économique ni énergétique. L’architecture qui tient consiste à recomposer la collecte localement — réseau de terrain filaire, radio propriétaire, Wi-Fi industriel ou réseau privé 4G/5G sur les emprises étendues — puis à ne remonter qu’un flux agrégé vers l’extérieur, par satellite et par cellulaire. Les modules eux-mêmes migrent vers les technologies de l’écosystème 4G (LTE-M, NB-IoT) là où la couverture le permet, ou passent derrière une passerelle locale dans le cas contraire. La démarche de recomposition de la collecte est détaillée sur la page réseaux privés 4G/5G.
Des contraintes physiques qui s’accommodent mal de l’improvisation
Une antenne pointant des satellites défilants exige un dégagement franc du ciel : un masque partiel, une grue mobile, un arbre en croissance ou un bardage réfléchissant produisent des micro-interruptions difficiles à diagnostiquer après coup. Le bilan énergétique compte autant : sur un site autonome alimenté en solaire ou par groupe, un terminal satellite et son routeur ne se comparent pas à un modem 2G en veille, et le dimensionnement batterie doit être refait, non recyclé. Reste l’adressage : les accès satellite recourent fréquemment à la translation d’adresses opérateur, ce qui ferme les connexions entrantes directes et impose un tunnel sortant vers un concentrateur, avec les conséquences correspondantes sur la supervision et la télémaintenance.
Les échéances réglementaires à surveiller en parallèle
Deux dossiers conditionnent les arbitrages des prochaines années. L’Arcep a conduit jusqu’au 30 septembre 2026 une consultation publique sur la prolongation des autorisations d’utilisation des fréquences de la bande L pour le service mobile par satellite, avant réattribution de ces fréquences. Les sites qui conservent des terminaux mobiles par satellite en bande L pour la voix de secours ou les messages courts ont intérêt à interroger leur fournisseur sur la continuité du service au-delà de la période de prolongation, plutôt qu’à tabler sur une reconduction tacite.
À plus longue échéance, la Commission européenne a annoncé en août 2026 l’accélération du déploiement d’IRIS², et l’accord conclu porte sur une constellation renforcée en capacité et en résilience. C’est un paramètre de stratégie d’achat pour la décennie, non une option de déploiement pour cet hiver. Le raisonnement utile aujourd’hui consiste à préserver une architecture agnostique : un routeur multi-liens capable d’accueillir une seconde constellation ou un second opérateur mobile sans refonte du plan d’adressage.
Ce qu’il faut vérifier avant l’arrêt
- Un inventaire technique par site, et non par contrat : référence exacte des modems et bandes réellement supportées, au-delà de la mention « 4G compatible » d’une fiche commerciale.
- La liste des fonctions qui empruntent encore le canal SMS — acquittements d’alarme, réarmements à distance, authentification à deux facteurs des accès techniques —, car ce sont elles qui tombent en silence.
- Une mesure du niveau reçu et de la qualité du signal (RSRP, RSRQ), opérateur par opérateur, au point exact d’installation prévu pour l’antenne, et non dans le bureau de chantier.
- Une qualification du dégagement du ciel pour le terminal satellite sur un cycle complet d’activité, engins en position de travail.
- Une décision explicite sur ce qui doit survivre à une coupure : une remontée de télémétrie, un poste de téléphonie, un accès de télémaintenance et un flux vidéo n’ont ni les mêmes exigences ni les mêmes priorités. Cette hiérarchie se traduit dans la politique de bascule du routeur.
L’approche IQTHINGS
IQTHINGS, SAS établie au 10 rue Simone Weil à Paris (13e), conçoit, installe et supervise des solutions de connectivité : secours Internet par satellite et 4G/5G, réseaux privés 4G/5G, couverture mobile à l’intérieur des bâtiments et téléphonie. La société intervient comme intégrateur et intègre notamment un lien satellite Starlink dans ses offres. Le principe retenu est celui du secours multi-liens : plusieurs accès de natures différentes raccordés à un routeur qui bascule automatiquement, avec supervision à distance. Les débits annoncés par les fournisseurs d’accès sont indicatifs et non garantis, et le raccordement aux réseaux des opérateurs mobiles dépend de leur accord et de leurs délais. Les besoins se qualifient via la demande de devis.
Questions fréquentes
La 2G s’arrête-t-elle partout à la même date ?
Non. L’Arcep indique dans sa publication du 24 septembre 2026 que l’extinction est déjà effective dans plusieurs départements du Sud-Ouest, depuis le 31 mars 2026 pour les agglomérations de Bayonne, Anglet et Biarritz. Les calendriers restent propres à chaque opérateur.
Quelle est l’ampleur du parc machine encore concerné ?
Fin juin 2026, les terminaux « 2G » MtoM représentaient 2,4 % du parc MtoM et les terminaux « 3G/2G » MtoM 1,39 million d’unités, soit 5,3 % de ce parc, selon l’Arcep. La partie 3G dispose d’un délai supplémentaire, les premières extinctions de réseaux 3G étant attendues à l’horizon 2028.
Un lien satellite suffit-il à sécuriser un site isolé ?
Il apporte un chemin indépendant des infrastructures terrestres, ce qui constitue sa valeur propre. Un site sensible reste néanmoins exposé aux masques d’obstruction, à la panne d’énergie locale et à la défaillance de l’équipement d’agrégation : la redondance se juge sur l’ensemble de la chaîne, alimentation comprise.